Dans le cadre de sa semaine de mobilisation pour la santé mentale, le groupe Webedia-Elephant, en partenariat avec l’association DesCodeuses et l’UMICC (Union des Métiers de l’Influence et des Créateurs de Contenu), a organisé ce matin une conférence intitulée « Derrière l’écran : cyberharcèlement et créatrices de contenu ».
Cet événement a été l’occasion de dévoiler une enquête auprès de créatrices de contenu sur le harcèlement visant les femmes dans le secteur de la création numérique, et de lancer un « Kit de Survie » construit par DesCodeuses pour les aider à se défendre.
UNE ENQUÊTE RÉVÉLATRICE DE LA VIOLENCE SYSTÉMIQUE EN LIGNE
Menée par l’association DesCodeuses auprès de 49 créatrices de contenu, l’enquête dresse un constat alarmant : la violence en ligne est toujours une réalité quasi-systématique qui freine la liberté d’expression des femmes. Les chiffres clés révèlent l’ampleur du phénomène :
- 90% des créatrices interrogées (soit 44 sur 49) ont déjà reçu des messages menaçants, insultants, dégradants ou à caractère sexuel.
- Cette violence s’exerce indépendamment des sujets abordés : 73% d’entre elles déclarent ne publier que rarement ou jamais sur des thématiques jugées sensibles.
- Le harcèlement se manifeste sous de multiples formes : 31 des 49 créatrices ont subi des tentatives de piratage de leurs comptes et 16 ont été la cible de campagnes de haine coordonnées.
L’AUTOCENSURE, UNE CONSÉQUENCE DIRECTE SUR LE DÉBAT PUBLIC
Le cyberharcèlement a un impact direct sur l’équilibre psychologique des créatrices, mais aussi sur la diversité des voix dans l’espace public. L’étude met en lumière une forte tendance à l’autocensure :
- 73% des créatrices (soit 36 sur 49) ont déjà renoncé à publier un contenu par peur des réactions haineuses.
- Plus inquiétant encore, 25% d’entre elles (soit 1 sur 4) ont déjà envisagé d’arrêter définitivement leur activité de création.
Ces chiffres soulignent que le harcèlement en ligne appauvrit le débat public en réduisant au silence des prises de parole de femmes sur leur propre vie.
UN « KIT DE SURVIE » POUR PASSER DES CONSTATS AUX SOLUTIONS
Face à cette situation, l’association DesCodeuses a présenté un « Kit de Survie », une plateforme de ressources concrètes accessible gratuitement sur derriere-lecran.descodeuses.
- Prévenir : Sécuriser ses comptes, protéger son identité publique et ses contenus.
- Réagir : Conserver des preuves recevables en justice, signaler efficacement les contenus aux plateformes et connaître les démarches pour porter plainte.
La conférence, modérée par François-Xavier Williamson (Directeur de la Communication, Webedia-Elephant), a réuni Pauline Butor (DGA Création & Influence, Webedia-Elephant), Souad Boutegrabet (Fondatrice, DesCodeuses), Sherine Deraz (Responsable des partenariats et du développement de l’action adhérent•es, UMICC), l’adjudant-chef Frédéric Hommel, la créatrice de contenu Louloutic pour partager témoignages et solutions. La créatrice et enseignante Orgasme et moi, également présente dans le public, a pris la parole pour un témoignage fort de son expérience face aux cyberviolences.
Cet événement réaffirme la volonté du groupe Webedia-Elephant, de l’association DesCodeuses et de l’UMICC de faire de la lutte contre le cyberharcèlement une priorité et de garantir un environnement numérique plus sûr et paritaire pour toutes et tous.










